



À la question « Un simple accident » mérite-t-il la Palme d’or ? », la réponse est un oui sans réserve.
Parce que c’est un film puissant mais surtout parce qu’il a, ce qui manquait l’an dernier au magnifique film « Les graines du Figuier sauvage » : Une fin. Une vraie. Une fin qui marque : un plan de dos, un homme immobile, qui entend et comprend …. Tout est là, suggéré, simple et bouleversant. Un dernier plan qui ne vous lâche pas.
L’histoire est en apparence simple : des rescapés des prisons iraniennes croient reconnaître leur bourreau. De ce postulat naît une farce cruelle, à la fois drôle et tragique et le film avance comme un thriller, tout en restant profondément politique. La mise en scène épouse les questionnements et la douleur des victimes, observe la frontière entre le bien et le mal.
Tourné clandestinement après sa sortie de prison, avec une maîtrise de la mise en scène, Jafar Panahi nous offre une réflexion exaltante sur l’âme humaine. Il interroge ce qui distingue les bourreaux des victimes, met en lumière la corruption qui gangrène tous les pans de la société iranienne et nous confronte à des questions fondamentales : justice ou vengeance, croire ou savoir, suggérer ou montrer. C’est magistral !
Alors aujourd’hui, plus que jamais, célébrons le cinéma iranien et celles et ceux qui dénoncent le pouvoir en place au prix de leur liberté — parfois même de leur vie.

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