Les hauts de Hurle-vent / Hurlevent des monts d’Emily Brontë

J’ai deux souvenirs très forts liés à ce livre, bien avant même de décider — enfin — de le lire.

Le premier, c’est le nom du chien de mon grand-père. C’était un grand et magnifique chien dont j’ai oublié la race, mais jamais le nom : Heathcliff. J’avais cinq ou six ans et je l’adorais. J’adorais aussi son nom, que je répétais sans cesse : Heathcliff, Heathcliff, Heathcliff… Je le trouvais mystérieux, à l’image de mon grand-père que j’aimais tant.

Des années plus tard, un soir, au Cinéma de minuit — l’émission qui a façonnée la cinéphile que je suis — diffusait Les Hauts de Hurlevent de William Wyler. Et là, j’ai compris. Dès les premières minutes,

on entend : « Are you Mister Heathcliff ? »

À l’écran, un homme près d’une cheminée, répond simplement : « Yes. »

Cet homme, c’était Laurence Olivier. Je me souviens encore du choc, du bouleversement immédiat.

Alors, bien sûr, je connaissais déjà l’histoire quand j’ai ouvert le roman. Mais, dès les premières pages, Emily Brontë m’a happée par la puissance de son récit. On entre dans un tourbillon familial étouffant et brutal où l’amour et la haine se confondent sans cesse. Les Hauts de Hurle-vent n’est pas une romance : c’est une tempête. Un huis clos oppressant où l’amour devient obsession, où la vengeance naît du chagrin. Ici, pas de revanche flamboyante à la Monte Cristo : la vengeance est intime, maladive, enracinée dans une douleur sans fond.

Heathcliff et Catherine, c’est l’amour absolu, fusionnel et comment ne pas y voir l’une des plus grandes histoires d’amour de la littérature, même si cet amour laisse dans son sillage le malheur et la folie ?

C’est un roman magistral dans lequel Emily Brontë dissèque l’âme humaine avec une précision saisissante et dresse le portrait d’un homme torturé, consumé par le chagrin, qui pousse la colère et la haine jusqu’à l’impensable.

À lire absolument.
Et si vous devez voir une adaptation, choisissez celle de 1939 : un casting exceptionnel, un noir et blanc envoûtant et une musique inoubliable. Laurence Olivier y est, tout simplement, Heathcliff.

Bande-annonce du film ci dessous


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Comments

2 réponses à « Les hauts de Hurle-vent / Hurlevent des monts d’Emily Brontë »

  1. Avatar de ecrannoirlondon

    Oui, un très bon livre, prenant, vraiment on y est. Les landes du Yorkshire sont magistralement restituées, bien mieux que Jane Eyre de sa soeur Charlotte qui n’a personnellement gonflé.

    J’ai essayé de dissuader mes collègues d’aller voir la nouvelle version mais je ne crois pas avoir réussi. Margot Robbie (et son fameux accent du Yorkshire !) en Catherine, franchement.

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    1. Avatar de Le monde de Martin Eden

      Jamais lu Charlotte… La nouvelle version c est 50 nuances de Hurlevent. Mais peut-être que de voir un bout de sein de Margot fera l affaire auprès de tes collègues 😉

      Aimé par 1 personne

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