


Sous la glace
C’est une histoire sombre, superbement écrite, traversée par un suspense insoutenable. Intense, noire, elle devient une véritable plongée — presque une apnée — dans les profondeurs de l’âme humaine. J’ai eu froid, j’ai eu peur, j’ai été sidérée. Certains récits s’effacent, celui-ci reste, longtemps, en mémoire.
Ce roman est une expérience de lecture à part. On y entre avec l’idée d’une histoire de réconciliation entre un père et son fils, mais très vite tout se resserre : les silences s’épaississent, les fragilités affleurent, et l’atmosphère devient de plus en plus lourde.
L’isolement en Alaska n’est pas un simple décor : c’est un personnage à part entière. Une nature immense, sublime et indifférente, qui accentue les failles déjà présentes entre les deux protagonistes. La relation père-fils, bancale et marquée par les non-dits, se transforme peu à peu en quelque chose de plus trouble, de plus sombre.
Le roman construit progressivement un malaise diffus, où la tentative de reconstruction familiale glisse vers une forme de désintégration intérieure. L’écriture, précise et dépouillée, renforce cette sensation d’étouffement.
C’est un texte dérangeant, parce qu’il installe une tension constante, cette impression que quelque chose va basculer sans jamais dire quand ni comment.
Et une fois refermé, il laisse une trace étrange : celle d’avoir traversé quelque chose de beau et de terrible à la fois.
A lire. Un roman court, brutal, inoubliable. Coup de coeur
Folio. 232 pages
