


Un roman total
Avec Le Chardonneret, on entre dans un roman total, de ceux qui embrassent tout à la fois et laissent une empreinte durable.
À la croisée du roman initiatique, du récit d’aventures et du thriller, Donna Tartt déploie une œuvre d’une richesse impressionnante. Elle a ce talent rare de faire circuler son lecteur d’un univers à l’autre sans jamais rompre le fil, dans une construction aussi ample que maîtrisée.
Impossible de résumer un tel livre sans en trahir la substance. Peut-être peut-on simplement retenir cette question, qui en traverse chaque page : comment survivre à ceux qu’on aime ?
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. De la perte, du manque, de ce qui reste après la fracture. Mais aussi de la beauté, de ce qui sauve, de ce qui élève. Donna Tartt explore toutes les nuances de l’existence : les élans et les chutes, la lumière et l’ombre, la fidélité et l’errance.
Il y a dans ce roman une profusion presque vertigineuse : des voyages, des rencontres, des instants suspendus, des dérives aussi. Et au centre de ce labyrinthe, une œuvre minuscule en apparence, mais essentielle : ce petit tableau, Le Chardonneret, qui devient un point d’ancrage, un symbole, presque une obsession.
C’est un roman dense, exigeant parfois, mais profondément captivant. Ses 1100 pages pourraient intimider, et pourtant, elles se traversent avec une forme d’évidence, tant le récit finit par nous happer.
La première partie, notamment, m’a littéralement percutée par sa puissance émotionnelle et sa justesse.
Un très grand livre, de ceux qui accompagnent longtemps après la dernière page.
Prix Pulitzer 2014, tellement mérité !
1100 pages. Pocket
