


Premier roman américain récompensé par de nombreux prix, Les Fantômes du vieux pays est une véritable réussite. Nathan Hill a mis dix ans à l’écrire, et cela se ressent : ambition, ampleur et maîtrise stylistique traversent chaque page. Son écriture comme son récit captivent, au point qu’il est difficile de lâcher le livre.
On suit Samuel Anderson, professeur d’université, dont la vie bascule lorsque sa mère, disparue depuis des années, réapparaît au cœur d’un scandale médiatique. Le roman devient alors une enquête intime autant qu’une exploration des blessures familiales et du passé.
Nathan Hill déploie une narration foisonnante, qui entremêle les époques, les voix et les points de vue, des années 60 à l’Amérique contemporaine. Il explore les fractures d’une société autant que celles des individus, sans jamais perdre le fil.
Ce qui frappe surtout, c’est la richesse des formes narratives : satire, drame familial, fresque sociale, digressions pop et intensité émotionnelle s’y mêlent avec une grande fluidité. L’auteur parvient à donner de l’ampleur à son récit sans perdre le lecteur, et rend ses personnages profondément attachants.
Toutefois je formule deux petites réserves : une ambition parfois un peu excessive, tant le roman aborde de thèmes, et une légère frustration sur la fin. Mais cela n’enlève rien aux qualités de ce premier roman impressionnant, ni au plaisir de lecture qu’il procure. Un auteur à suivre.
Les Fantômes du vieux pays reste une fresque dense, maîtrisée et profondément humaine.
Gallimard – 703 pages
