


Très beau titre pour un roman terriblement efficace.
Le livre se lit avec une véritable avidité dès les premières pages. On est plongé dans les années 80-90, au cœur des quartiers nord de Marseille, et l’on suit le parcours chaotique d’une fratrie qui grandit dans une famille toxique, marquée par la violence, l’instabilité et l’absence d’amour.
C’est une histoire dure, parfois éprouvante, avec son lot de violences, de désespoirs et de désillusions. Rebecca Lighieri y parle avec une grande justesse des enfances brisées, de ces vies cabossées qui tentent de se construire malgré tout. Et pourtant, au milieu de cette noirceur, il y a une forme de beauté — fragile — notamment dans ces moments où la musique populaire devient un refuge, une façon de tenir, de combler les manques.
Roman social sombre et captivant, il séduit aussi par son écriture : un style moderne, rythmé, percutant, qui colle parfaitement à la tension du récit. Lighieri confirme ici son talent, notamment dans l’art du portrait, en donnant vie à des personnages profondément humains, complexes et marquants. On retrouve avec force ses thèmes de prédilection : la famille, les corps, le désir, la violence des liens.
On ne s’ennuie pas une seconde, tant le récit est porté par une énergie brute et une tension constante. Et la bande-son qui accompagne l’histoire réveillera sans doute de nombreux souvenirs chez les lecteurs.
Un roman à la fois dur et vibrant, qui laisse une empreinte durable — et dont on imagine très bien une adaptation au cinéma.
P.O.L 372 pages
