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Sur près de 700 pages, Seth Greenland déploie avec une précision implacable la lente déchéance d’un homme retranché dans ses certitudes. Depuis les hauteurs de sa tour d’ivoire, il regarde le monde sans le voir — jusqu’au moment où tout se fissure, puis s’effondre.

À travers cette fresque d’une Amérique ultra-privilégiée, figée dans les illusions des années 90, l’auteur ausculte les mécanismes du pouvoir, les aveuglements sociaux et les tensions souterraines d’une époque en mutation. Religion, sexualité, racisme, domination : autant de lignes de force qui traversent le récit sans jamais l’alourdir, portées par une écriture vive, presque cinématographique.

Mais c’est sans doute dans la complexité de son personnage principal que le roman trouve sa pleine mesure. Ni tout à fait coupable, ni véritablement innocent, il oscille entre arrogance et fragilité. On s’agace de ses œillères, on devine ses failles, et l’on assiste, avec une forme de malaise, à sa chute.

Car il y a quelque chose de profondément troublant dans cette disparition progressive : la sensation que tout pouvait basculer autrement — et qu’il est déjà trop tard.

Un roman dense et captivant, une fresque humaine d’une grande acuité, où la chute d’un homme devient le miroir d’un monde en perte d’équilibre.

717 pages. Liana Levi PIccola.

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