


Ce roman fait partie, de ces oeuvres qui nous rappellent pourquoi nous aimons tant lire. Immense coup de coeur pour ce roman ambitieux, fascinant, bouleversant et époustouflant par l’ampleur du récit de cet homme, Adria, qui avant de perdre totalement la mémoire, se souvient …
Attention : ce roman défie toutes les règles de narration, mêlant les époques et les personnages dans le même paragraphe, souvent en plein milieu d’une phrase ou même d’un dialogue. C’est à s’y perdre, à s’arracher les cheveux, à revenir maintes fois en arrière, à se dire que l’on ne comprend vraiment rien. Le début de la lecture peut vraiment remettre en doute nos capacités intellectuelles, puis avec un peu de patience et d’obstination, on finit par assimiler la mécanique de narration de l’auteur, qui au long de son récit tel le petit Poucet nous sème des petits cailloux, un indice par-ci, un lieu ou un personnage par-là, pour ne pas nous perdre, dans les dédales de la mémoire de son héros. Puis les informations s’emboîtent comme dans un puzzle et là on ne peut qu’être fasciné par le récit des mémoires d’Adria et par l’immense travail d’écriture de Jaume Cabré.
Au cours de ce roman on est hypnotisé, chahuté et bouleversé par le récit de ce garçon devenu homme, on est catapulté, d’une époque à l’autre, par des allers retours incessants dans l’Histoire (Inquisition, Franquisme, nazisme, etc..) et ébranlé par cet enchevêtrement d’époque, qui nous mène bien évidement à une réflexion sur le monde, sur les hommes, qui nous mène vers le Mal, le Mal qui s’infiltre en boucle, en cycle, au cours de l’histoire et qui se prolonge indéfiniment…
C’est aussi un récit qui nous ouvre de multiples questionnements sur le pardon, l’amour, l’amitié, la religion, la mémoire et qui m’a fait réfléchir à cette question philosophique : Supportons-nous le Mal grâce à la beauté du monde ? la beauté d’un tableau, d’un livre, d’une musique, d’un objet, d’un amour, d’une amitié….
Ce Roman est magistral, dense, original, envoûtant et il fait partie de ces oeuvres que l’on garde en soi.
906 pages, Babel poche.

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