

Quel livre !
D’une vieille photo jaunie où l’on a raturé un visage et de quelques lointains souvenirs, Laurent Mauvignier essaye de reconstituer, avec force détails, la vie de ses aïeuls. Remonter le temps, rendre vie aux objets, à cette maison et ses fantômes pour comprendre, par l’écriture, le suicide de son père.
Chaque page est un tableau vivant grâce à cette écriture et ce style qui n’appartiennent qu’à lui, précis et pointilleux. Mauvignier excelle aussi dans l’art du portrait en créant des personnages inoubliables parce qu’il prend le temps de leur donner une âme : Ici trois femmes, trois âmes pour traverser un siècle d’Histoire, trois histoires singulières et pourtant l’universel résonne.
La maison vide est un roman d’inventions à partir du réel, entre réel élucidé et réalité fictionnée. C’est prodigieux !
Lisez le, pour la beauté de l’écriture, c’est tellement bien écrit que je ralentissais mon rythme de lecture pour en profiter le plus longtemps. Lisez-le, non pas pour le Goncourt, on s’en tamponne (perso je l’avais acheté avant) mais parce que vous y trouverez une résonance en vous et le destin de cette famille vous touchera en plein coeur.
COUP DE COEUR
744 pages aux Editions de Minuit

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