Chez Joyce Carol Oates, le crime n’est jamais le sujet.
Il est la faille par laquelle elle regarde toute une société.
Francis Harlan Fox est un professeur brillant. Charismatique. Admiré de tous.
L’homme idéal.
En apparence.
Tout commence dans les méandres d’un marais du New Jersey. À hauteur d’un chien.
Une entrée en matière saisissante.
Dès lors, plus aucun répit.
Joyce Carol Oates s’approche du mal sans jamais détourner le regard.
Elle observe.
Elle dissèque.
Elle décortique les mécanismes de la prédation avec une lucidité glaçante. Au plus près de l’horreur, mais sans jamais céder au voyeurisme.
L’horreur n’est jamais un point d’arrivée.
Elle est toujours le point de départ d’une exploration beaucoup plus vaste.
À travers une remarquable galerie de personnages, elle révèle peu à peu les mécanismes de l’emprise, du déni et de l’aveuglement.
La construction du roman est d’une remarquable intelligence. Les points de vue se multiplient. Les allers-retours entre passé et présent retardent la vérité et rendent l’épilogue d’autant plus implacable.
Avec Fox, Joyce Carol Oates dépasse largement les codes du thriller psychologique.
Elle met à nu une société qui préfère sauver sa réputation plutôt que protéger ses enfants.
