Il y a tout dans ce roman : la grande Histoire et les existences individuelles qui s’y fracassent, l’amour et l’amitié. On y traverse des instants de joie fragile, puis la violence des basculements, avec cette douleur sourde qui traverse l’ensemble du récit.
L’Amérique y apparaît dans toute sa complexité, entre splendeur et laideur, lumière et noirceur, promesses et désillusions. On plonge aussi la folie des hommes, la guerre, et l’ombre terrible des camps de concentration, jusqu’au drame absolu qui donne au récit toute sa gravité.
Le Choix de Sophie de William Styron s’impose ainsi comme une œuvre d’une ambition rare, par l’ampleur de sa construction et la densité de son écriture et dépasse le simple récit pour devenir une méditation sur l’Histoire, la culpabilité et la survie.
Styron déploie un style ample, maîtrisé, d’une grande intensité émotionnelle, qui relie constamment le destin intime des personnages aux fractures du monde.
C’est une œuvre qui bouleverse par sa puissance morale et sa densité émotionnelle, où l’intime et l’Histoire se confondent dans une même douleur.
Jamais vous ne pourrez oublier Sophie. Et je vous mets au défi de ne pas pleurer, ni trembler, ni être suffoqué par Le Choix de Sophie — surtout par la manière dont ce choix est raconté, jusqu’à une intensité insoutenable.
Ce roman laisse une empreinte durable.
C’est magistral. Un chef-d’œuvre. Indispensable.
