








Une femme derrière le mythe
Avec Blonde, Joyce Carol Oates signe un roman hors norme, une œuvre ambitieuse qui dépasse largement la simple relecture biographique.
Dans ce texte, il ne s’agit pas seulement de raconter Marilyn Monroe, mais d’explorer la fabrication d’un mythe et la lente destruction d’une femme. Une femme qui devient image, puis icône, jusqu’à se perdre elle-même.
Pas besoin d’aimer Marilyn pour être bouleversée par ce roman. Car ce que Joyce Carol Oates donne à voir, c’est avant tout une existence fragile, traversée par la solitude, la violence, et une quête d’amour jamais comblée. Une femme broyée par les hommes, par Hollywood, par le regard des autres — mais aussi par ses propres failles.
Ce qui frappe, c’est la puissance d’immersion. L’écriture, dense et envoûtante, installe une proximité avec le personnage. On ne lit pas simplement son histoire : on la traverse avec elle. On devient témoin, presque complice, de sa dérive, de ses espoirs, de ses illusions et de son effondrement.
Le roman joue sans cesse avec les identités : Norma Jeane, Marilyn, “la Blonde”. Autant de visages, autant de projections, qui disent la difficulté d’exister dans un monde où l’image finit par tout dévorer.
C’est un texte exigeant et d’une richesse exceptionnelle. Sur plus de mille pages, Joyce Carol Oates parvient à maintenir une tension constante, une intensité qui ne faiblit jamais.
Un roman d’une puissance rare.
Un coup de cœur. Un chef-d’œuvre.
À lire absolument.
